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Humains, Nature, Avenir

C’est trois mots lourds de sens sont aujourd’hui en complète contradiction. Les humains et la nature sont en phase de séparation avancée, l’avenir pour la nature est un complet chamboulement pour s’adapter à toutes les cochonneries émises ou jetées par les humains, et les humains n’ont aucun avenir à court terme, non seulement en raison de l’évolution de la nature mais surtout en raison de la décrépitude de leur système sociale.

C’est pour faire face à cela que nous avons créé cette association qui à pour but de donner un avenir aux enfants d’aujourd’hui et aux adultes qui les accompagnent, en sauvant un morceau, le plus large possible, d’humanité.

Un petit texte pour toi, candidate, candidat, à la création d’une ferme de la vie.

Tu as décidé de t’impliquer dans la création d’une ferme de la vie.

C’est un énorme projet. Mais tu peux le mener à bien sereinement.

La seule qualité vraiment indispensable est d’être un humain. Il faut tout de même quelques qualités supplémentaires comme l’altruisme, la compassion, l’envie de communiquer avec les autres. Mais ces qualités s’apprennent très bien si ta vie dans cette civilisation ne t’a pas prédisposé à agir dans ce sens.

Comme ton action est bénévole, il faut évidemment trouver autre chose que l’argent pour compenser votre implication.

Il existe beaucoup de façons pour qu’une initiatrice, trouve des raisons d’agir. Chaque individu a les siennes.

D’une manière générale, on peut dire que ces raisons trouvent leurs racines dans la nouvelle situation faite, vraiment dramatique, aux humains, et dans la capacité qu’a un morceau d’humanité de construire un canot de sauvetage permettant de survivre à la tempête qui est déjà là et de vivre après dans des conditions aussi agréables que maintenant pour la plupart des gens.

Avons-nous une autre solution ? Beaucoup d’associations prônent un changement de paradigme dans la société en imposant une réduction drastique des transformations, du PIB, dans la société actuelle.

Nous trouvons les adeptes de la décroissance, ceux qui cherchent l’autonomie dans une ferme en Lozère, dans un château fort en Nouvelle Zélande ou en Suède, et plein d’autres descriptions plus ou moins farfelues, pour le moins très approximatives.

La vie est un système complexe qui nécessite de maîtriser des aspects matériels et humains :

Pour cela, la solution tient en deux mots « se préparer ».

Notre solution, ta solution, est le résultat de règles incontournables comme celles de la permaculture, de l’agroforesterie, des équilibres entre le confort des humains et les implications sur la nature, de la reconstruction des cycles naturels, pour un respect drastique des équilibres que la nature pratique depuis des milliers d’années sans faillir.

Une ferme de la vie est un lieu où la vie se perpétue dans tous les aspects qui assurent le développement de l’intelligence, de l’amour, de la joie et du plaisir tranquille de vivre.

Bien sûr, il est illusoire de penser que cette vie sera un long fleuve tranquille, il y aura des difficultés, des drames, des tempêtes, mais cela ne sera pas plus grave que ce que nous vivons aujourd’hui, et nous aurons plus de force en nous-même et plus d’attention de nos voisins qu’aujourd’hui.

Votre mission, à vous les initiatrices et les initiateurs, est de commencer ce travail très tranquillement, avec la sérénité qui sied à la réalisation d’une grande œuvre. Vous ne pourrez contraindre ni les gens, ni les évènements. Il faut faire ce qu’il faut au moment opportun et en fonction des forces et des habiletés qui seront réunies dans votre communauté.

Une ferme ne se limite pas à sa surface d’un hectare. Elle se prolonge dans l’intelligence des fermiers, dans leur habileté, dans leur amour. Et c’est à eux de résoudre les problèmes qui se posent et se poseront naturellement pour faire tout ce qu’il faut au quotidien.

Il faudra beaucoup de passion, d’attention, pour qu’une butte en lasagne produise des légumes plus forts que ceux produits par les maraichers d’aujourd’hui, et qui seront donc bien moins sensibles aux maladies et aux attaques des prédateurs, plus sains aussi, pour que les humains retrouvent une santé qui les rendent eux aussi plus forts.

Il faudra que ces buttes permettent aux micro-organismes qui savent faire cela depuis des milliers d’années sans jamais faillir, synthétisent la nourriture des plantes qui vont être beaucoup plus densément implantées et beaucoup plus productives que notre maraîchage traditionnel.

Nos grands-parents, dans les années d’après-guerre, produisaient jusqu’à sept séries de légumes successifs sur la même surface, la même année. Ils n’avaient pas d’engrais chimique ni les phosphates qui voyagent depuis très loin maintenant, ni les produits chimiques absolument indispensables aujourd’hui.

Ils utilisaient le fumier de cheval ou la litière des poules qui constituaient de vraie bombe biologique pour leurs plates-bandes. Ils travaillaient beaucoup et faisaient pas mal d’erreurs que nous pouvons corriger aujourd’hui.

Nos grands-parents ont nourri six millions de personnes et jusqu’à huit millions en cultivant sur la ceinture de la région parisienne, pendant dix ans, avant que les productions des autres régions puissent circuler et approvisionner les parisiens.

Avec les techniques des buttes en lasagne, nous pouvons remplacer une grande partie du travail humain par l’action des vers de terre et des micro-organismes que nous réimplantons dans une imitation de ce que fait la forêt.

Nous savons qu’une telle structure conserve l’humidité et même, par l’action des vers de terre qui vont, la nuit, à de grande profondeur, la régénère, ce qui est un atout considérable dans un monde où l’eau va devenir une denrée rare et donc précieuse.

Bien sûr, il faudra protéger nos cultures des ardeurs du soleil. Mais cela devrait être à la portée de nos ingénieurs et de nos agronomes. Les fermes vont devenir des spécialistes de la fabrication des paillassons.

D’autres défis autrement difficiles nous attendent dans les domaines comme la médecine, réimplanter une médecine préventive où le médecin cherche plus à renforcer la bonne santé qu’à guérir des maladies produites par des excès ou des comportements inadaptés.

Le fait que le travail du médecin ne soit plus mesuré à la richesse qu’il accumule mais à la bonne santé de ses patients devrait permettre une médecine plus orientée vers l’humain et sa qualité de vie.

Cela permettra certainement de regarder plus attentivement les médecines alternatives au business de « big pharma ».

Néanmoins, de nombreux problèmes vont devoir être attaqués frontalement comme la production de certains médicaments indispensables comme l’insuline à la survie de nombreux malades. Il faudra aussi trouver des alternatives à la débauche de matériel très gourmands en énergie et qui, de ce fait, ne pourrons plus fonctionner (scanner, IRM, radiologie, etc..).

Voilà tes préoccupations, chère initiatrice ou cher initiateur, et il suffira que tu émettes des désirs au bon moment pour que tous tes fermiers déploient des trésors de courage, d’intelligence, de force et de d’habileté pour te faire sentir reine ou roi (attention de garder la tête froide).

L’organisation des fermes est ainsi conçue que leurs forces ne peuvent que croître et se propager de place en place.

Chaque ferme est un peu comme une cellule du corps humain. Et tu en serais l’ADN. C’est-à-dire que tu dois en même temps activer tous les moyens qu’elle doit produire et conserver son comportement régulier sans s’écarter des choses attendues.

Ton travail est donc fait d’une grande attention au comportement des gens, d’une écoute attentive de tous ceux qui veulent échanger un moment avec toi.

Comme les cellules du corps humain, les fermes sont autonomes et toute l’intelligence de la vie est contenue dans la cellule. Elles savent s’adapter en fonction de leurs lieux d’implantation grâce à l’ADN et réparer naturellement les blessures de la vie.

Elles savent communiquer avec les autres cellules et trouver de l’aide quand les attaques sont trop fortes.

Voilà décrit ce qui me semble important. Tu vas être l’ADN de ta ferme. Et cela prend tout son sens quand on regarde les aspects de la sécurité du développement. Chaque ferme est autonome dans ses décisions, et si, par exemple, l’association qui a fait naître ce projet disparaissait ou, plus subtilement, était détournée de ses intentions pures, les fermes pourraient continuer à vivre de façon autonome par rapport à cette tutelle maintenant perturbée, et continuer son bonhomme de chemin.

Nous, les initiateurs de ces fermes, comme pour tous de fermiers, la ferme doit nous apporter une grande sérénité dans la vie quotidienne, dans les qualités des aliments que nous pourrons consommer, dans les relations avec les autres, dans la perspicacité des interventions vers notre santé, vers notre éducation, vers notre sécurité, vers notre joie. Et dans cette époque qui va être dramatique pour beaucoup, cette sérénité est notre bien le plus précieux. Pour nous même bien sûr, mais surtout pour apporter aux autres, tout ce qui va leur manquer.

J’ai brossé le tableau de ce que je crois nécessaire, même indispensable, pour que nous puissions être efficace ensemble.

Notre travail, notre mission doit d’abord être un plaisir et le rester.

Nous savons que nous œuvrons dans le respect de toutes les composantes de ce monde, même des plus violentes contre les humains, en s’écartant de toute violence, que notre action a pour vocation la plus haute morale qui se puisse concevoir :

Donner un futur à des jeunes qui sinon en sont privé.

 

Didier LAINARD, président de l’association

Avec tout mon dévouement.

Le 09 septembre 2020