Les fermes de la vie

 

Pour vous, nos radeaux de sauvetage
Vous, les gens, qui lisez ceci pour la première fois, il faut vraiment écouter sinon, vous allez tomber vous aussi dans le trou. Le gouvernement
Nous recrutons
Nous recrutons des activateurs. Calendrier de formation des activateurs principaux Ce sont les personnes, femmes ou hommes, qui prennent en charge
L'autonomie
L'autonomie pour la future civilisation consiste en deux choses : Se passer de tout ce que la civilisation actuelle produit Produire ce dont les
L'autonomie
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La résilience
La résilience est la qualité qui défini la capacité d'un système à affronter des attaques. Pour les fermes de la vie la résilience devra affronter
La politique
Notre relation avec la civilisation actuelle. L'organisation des fermes après l'effondrement
La communauté
Construire une communauté dans une nouvelle civilisation... Abandonné tout ce qui nous pourri la vie, mais aussi produire tout ce qui est essentiel
Les terrains
La recherche des terrains est une action qui nécessite une communauté soudée et volontaire. C'est la première difficulté importante qu'il faut
Comment va-t-on vivre après le grand chambardement ?
Si vous êtes dans une ferme, vous vivrez d’une certaine façon, et d’une autre façon si vous n’êtes pas dans une structure de survie, ceux que j’appelle les zombies. Et nous pourrons aussi regarder comment vous vivrez si vous êtes par exemple dans un éco-villages ou les structures semblables.
Pourquoi il est important de regarder cela. Parce que vous avez un imaginaire de ce qui peut se passer après le grand chambardement et que c’est peut-être cet imaginaire qui vous empêche d’agir.
Si je vous dis une ferme, vous pensez à la ferme de vos grands-parents ou de l'oncle un peu bouseux. Vous vous voyez déjà revenu deux cents ans en arrières.
Chaque fois que j’aborde ce sujet avec de nouveaux interlocuteurs, ils évoquent les problèmes de sécurité, ils voient une révolution style 1789, mais avec des armes autrement puissantes et dévastatrices. Bien sûr, cela est possible et cela me fait peur, mais cela ne montrera surtout qu’aucun d’entre vous n’aura eu le courage, ou la force, ou je ne sais quoi, de vous lancer dans la création d’une structure, la ferme, qui résout maintenant beaucoup des problèmes cités par nos protagonistes et beaucoup des problèmes qui pourront survenir.
Nous ne corrigeons pas les problèmes, et ils sont nombreux, de cette civilisation, nous les ignorons, nous ignorons ceux qui en sont la cause supposée, nous ignorons les structures, même si nous supposons qu’elles agissent contre nous.
Toutes les actions qui, selon vous, les complotistes par exemple, concourent à la destruction de la population, de la civilisation, ne sont pas le résultat d’une volonté supposée mais d’une mort annoncée de cette civilisation. Elle va mourir et tout, partout, va mal, il n’y a rien de plus normal.
Bien sûr, des hommes, surtout les hommes d’ailleurs, font encore un gigantesque pied de nez au fisc et ils en jouissent, les décisions qui sont prises par nos gouvernants s’avèrent être complètement bordéliques, les pauvres qui élèvent la voix sont largement condamnés, à la pelle, et les riches dansent dans les rues alors qu’ils ont détourné des millions, et vous, vous allez ignorer cela, même si c’est révoltant, car votre obsession est de devenir autonome dans tous les aspects de votre vie par rapport à cette civilisation.
Très rapidement, tout ceux qui trichent aujourd’hui viendront nous mendier un bout de pain demain.
Et là, pardonner moi si je souris.
Tout d’abord, nous entrons dans une période ou la vie va être rude. Très difficile et si près de 30 000 personnes sont mortes prématurément de la Covid, beaucoup plus vont certainement mourir de la faim en 2021 et surtout des conséquences de la faim ou de la mauvaise nourriture, soit de maladies provoquées par l’affaiblissement des défenses immunitaires par exemple, qui permettrait à une grippe bénigne de devenir très dangereuse.
Cette période d’effondrement lent, qui a débutée il y a plus de dix ans, va devenir extrêmement difficile pour les plus fragiles et nous allons voir beaucoup de gens aujourd’hui insouciants, basculer brutalement dans la pauvreté, et beaucoup de gens qui ne sont pas pauvres, avoir des difficultés importantes pour survivre.
Ce que je décris là n’est que le début de la crise de 1929, et ce n’est pas du tout réaliste pour décrire ce que nous pensons être la réalité, qui sera beaucoup plus dramatique que cela.
Alors que faire ?
Je suis assez surpris de constater que certains maires font tout leur possible pour interdire la réalisation de ce qui pourrait être un véritable canot de sauvetage. C’est à croire qu’ils veulent alimenter les thèses complotistes…
Regardons les gens qui basculent maintenant dans le chômage. En principe, beaucoup d’entre eux toucheront les indemnités versées par Pole-emplois. Mais c’est une chute de 30 à 50% des revenus. Quand vous tirez le diable par la queue avant cela, les choses ne s’arrangent pas.
Bon, si vous êtes sans problème, vous vous dites qu’ils vont se débrouiller. Oui sûrement, mais je ne suis pas sûr que ce soit bon pour vous.
Les pauvres vont bien sûr trouver de l’aide auprès du services sociaux des mairies qui vont leur donner un peu d’argent pour acheter à manger et c’est là que le problème commence à naître.
Je me suis intéressé à l’industrie agro-alimentaire et ces derniers mois, dans un secteur que je connais physiquement bien, c’est huit entreprises sur dix qui ont fermées leurs portes. Les deux qui restent compensent elles les huit qui ont fermé ? de cette réponse dépendra la suite.
Car si le manque d’argent pour acheter la nourriture est un vrai problème, le manque de nourriture à acheter quand on a de l’argent est encore un plus grand problème.
Alors, c’est là que les fermes de la vie apportent une vraie réponse, une vraie solution.
Les fermes de la vie sont des canots de sauvetage, et bien plus qu’un canot, qui permettront à tous ces gens-là, ceux qui vont avoir des difficultés, de les surpasser, d’apprendre à faire et à être pour les échéances encore beaucoup plus rudes qu’une crise de 1929 aggravée, et à vivre après, et cela, sans rien perturber de cette civilisation et tous les gigantesques projets qu’elle met en œuvre actuellement.
Notre solution s’adresse à tous les habitants d’un pays, qu’ils soient citadins, banlieusards ou campagnards. Bien sûr chacun a des conditions particulières, les citadins par exemple seront loin de la ferme et pourront s’y rendre moins souvent tant qu’il reste au cœur de la ville, les campagnards auront des fermes éloignées les unes des autres, quant aux banlieusards, ils verront tout à coup beaucoup de monde les rejoindre.
La ferme prend la forme de terrain d’un hectare sur lequel un ensemble de personnes, je ne dis pas une communauté, car beaucoup de gens pensent ne pas pouvoir vivre dans une communauté, jusqu’à cinq cents personnes à terme, peuvent construire leur moyen de vivre.
Parmi ces gens, il y aura tout le monde, des SDF, des chômeurs, des travailleurs en voie de paupérisation, des cadres bien au-dessus de tous ces problèmes, enfin peut-être, des retraités riches ou pauvres, et on acceptera même nos super riches mais à condition qu’ils bossent un peu, parce que leur argent, on s’en fou. Ce que nous voulons maintenant c’est manger et manger bien et bon.
Sur ce terrain, nous allons devoir trouver de l’eau, et comme toutes les eaux sont largement polluées, il va falloir la traiter sur place, et sans énergie. Là, commence l’apprentissage, le vrai.
On pourrait acheter des filtres d’osmose inverse qui permettent de transformer une eau polluée en eau potable. Mais ce n’est pas ce que nous allons faire. Nous allons apprendre que la nature fait ça très bien depuis bien avant que l’homme n’existe sur terre. Nous allons mettre ça en route.
Pour la nourriture, on va installer un poulailler, avec pas mal de poules et quelques coqs. Nous aurons ainsi des œufs délicieux et même, après quelque mois, des poulets. Il y en a des choses à apprendre pour faire cela.
Pour construire tout cela, il faut de la bonne volonté de gens qui ont du temps. Ceux qui travaillent doivent absolument continuer à travailler, et bien sûr, c’est une supplique, ne pas faire de révolution, ni trop de grèves. La civilisation est fragile et si vous la chahutez trop, elle risque fort de passer à la trappe pour un incident très mineur.
Ensuite il faut produire des légumes, mais pour cela, il faut se préparer un peu plus longtemps car vous n’aurez ni engrais, ni pesticide, ni fongicide pour faire pousser vos graines et pas beaucoup d’eau. Et les graines justement, il faudra mettre à contribution les grands-pères jardiniers qui cultivent intelligemment leurs jardins, c’est-à-dire ceux qui produisent eux-mêmes leurs semences.
Et il faudra attendre le moment propice pour semer et planter, mais rapidement, à partir du printemps, avec encore un peu l’aide de cette civilisation qui nous fournira le sel par exemple, nous devrions commencer à regarder les zombies, ceux qui lance de grands projets ou qui jouent avec les finances, de très loin et de très haut.
Qu’est ce qui empêche de faire cela. Beaucoup de choses bien sûr.
La loi, qui n’est pas du tout adaptée à la préservation de la vie humaine. Vie humaine qui a bien peu de valeur par ailleurs.
Par exemple sur un terrain agricole, il est interdit de mettre des constructions. Donc nous ne pouvons implanter des toilettes sèches. Nos députés ont récemment voté une loi qui puni de 1500€ d’amendes par jour pour l’implantation d’une construction. J'imagine les fermiers, allant faire leurs besoins, les fesses à l'air, au vu et au su de tous.
Il faudra mettre cela en balance avec la vie de 500 personnes. Et là, on ne peut pas entrer dans des discussions sans fin, officiels ou non, pour savoir si une loi s’applique alors qu’elle tue de centaines de personnes. J’aurai tendance à penser que quand l’état ne peut pas assurer une vie décente à sa population, l’état n’existe plus. Ou plutôt, nous pourrions nous substituer à l’état. Nous ne voulons aucun pouvoir, nous ne voulons rien de cette civilisation, nous voulons juste vivre décemment.
Je ne parle pas ici de la façon de produire les légumes, car vraiment ce n’est pas si difficile, et il y a beaucoup de choses à faire qui ne sont pas liées à la nourriture. Il faut étudier qui produit la matière première pour les tissus, les chaussures, la sellerie, les charrettes, les médicaments, etc.
Il faut définir comment, même si c’est à terme, après l’effondrement, seront aménagé les logements pour les personnes qui doivent rester aux abords de la ferme : les personnes dépendantes, le personnel médical, le personnel de surveillance, des voyageurs, etc.
Il faut savoir que les constructions actuelles, surtout les modernes, sont une hérésie pour vivre dans le climat qui arrivent, nos logements seront bien moins confortables que des grottes naturelles ou artificielles et nous devrons trouver des réponses à ces difficultés pour beaucoup de fermiers.
Il faut transférer les laboratoires d’analyses médicales et autres, les laboratoires de recherche, et les adaptées à l’absence d’énergie.
Il faut imprimer, classifier et indexer une montagne de documentations scientifiques hébergées dans les ordinateurs afin que les chercheurs puissent continuer à travailler.
Nos ingénieurs devront trouver les moyens de transformer de nombreuses machines en système fonctionnant sans énergie où à la limite avec très peu d’énergie.
Nous nous apercevrons vite que, vous qui pensiez être sauvés par le génie humain, vous n’étiez pas si loin de la vérité, même si ça ne prend pas la forme que vous espériez.
Très vite, il va falloir construire une structure médicale efficace, mettre en œuvre une véritable prévention des maladies et des accidents.
Il faut mettre en œuvre une structure d’enseignement beaucoup plus intégrée à la nature, au milieu naturel, aux métiers. Les sciences sont un élément de la culture et les scientifiques ne doivent plus être cachés du commun, ni se cacher, mais être pleinement intégrés dans la ferme, au milieu des fermiers.
Beaucoup d’activités culturelles, aujourd’hui l’apanage de stars éphémères, devront être pratiquées par le plus grand nombre. Avec un petit effort, des gens peuvent chanter, peindre, sculpter, jouer de la musique ou une pièce de théâtre, déclamer un poème et, d’une manière générale, enchanter les autres membres de la ferme et parfois de plusieurs fermes réunies. Les stars seront plus locales que maintenant, mais elles existeront et développerons, dans de petites régions, des goûts qui constitueront peu à peu la marque distinctive, les marques culturelles, de chaque zone d’influence.
Petit à petit je vais rentrer dans les détails de la ferme. Je sais que vous êtes impatient. Mais il n’y a pas de mystère, juste des choix judicieux, des volontés, de l’amour pour les enfants, de la tendresse pour les personnes âgées, de l’assistance attentive pour les personnes handicapées, de la passion pour la vie. Les autres, ceux qui n’ont rien de tout cela, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles.
A dans deux jours
Didier LAINARD