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Catégorie : Une ferme
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Résumé: La ferme devient un lieu de production de légumes, fruits, œufs, volailles, soins aux animaux et aux humains, éducation des enfants (et des adultes !), culture et vie.

Les problèmes de construction d’une ferme et de son environnement pouvant accueillir 500 personnes sont immenses.Aujourd'hui déjà, si nous devions nourrir 500 personnes, les soigner, les éduquer, leur offrir des loisirs, ce défi serait difficile à relever.Mais nous devons relever un défi beaucoup plus difficile. Faire vivre cette ferme alors que les alimentations en électricité sont intermittentes, que l'essence et le gasoil ont disparu, que la température dépasse les cinquante degrés en été, que les pluies sont de plus en plus rares, ou au contraire trop abondantes les engrais ne sont plus livrés, pas plus que les produits "ide" qui ont permis d'éliminer les insectes nuisibles et bien sûr tous ceux qui sont utiles, que l'eau est devenue un produit rare, etc. ..C’est pourtant le travail que nous avons entrepris et que nous devons poursuivre si nous voulons que nos enfants aient une chance de vivre.

 

 

Le premier problème est l'eau.

Les hommes peuvent vivre avec très peu d'eau, comme le prouvent les humains vivant dans des environnements désertiques. Il faut encore apprendre tous les gestes qui permettent de vivre en ne consommant que le strict minimum. Et les cinq cents personnes qui composent la population d’une ferme doivent toutes les apprendre et les exécuter correctement.

Il faudra rapidement trouver les techniques de fabrication des réservoirs, car ces plastiques seront obsolètes dans un laps de temps relativement court. Il faudra également fabriquer des systèmes pour monter l'eau, la filtrer, la purifier. Il faudra également diviser les utilisations. L'utilisation par l'industrie diminue beaucoup, de même que les utilisations agricoles, car il y aura plus de pompes capables de propulser des tonnes d'eau sur les cultures, ce qui donnera un peu de flexibilité. Mais même dans les exploitations agricoles, les utilisations de l'eau devront être hautement contrôlées.

Le deuxième problème est la nourriture. Il faudra cultiver des légumes, élever des animaux de basse-cour qui serviront non seulement de la nourriture (hélas), travailler avec les agriculteurs de la région pour produire des céréales, du lait, etc. Tout cela se fera dans des conditions chaotiques de température, d'hygrométrie, tempêtes et calme prolongé. Il ne s'agit pas de pouvoir arroser comme le font les maraîchers. C'est pourquoi nous utilisons des buttes. Notre expérience, ainsi que celle de nombreux fans, montre des résultats convaincants avec un minimum d'arrosage, voire aucun arrosage, comme en 2018 par exemple, année particulièrement sèche dans le nord de la France.

Le troisième problème est la chute de la biodiversité. Ce terme est certes juste mais il est souvent mal compris. La perte de biodiversité est d'abord exprimée dans la terre, la chute de la population de vers de terre, il y en a un sur cinq, mais ce sont eux qui apportent l'humidité et les nutriments aux plantes des profondeurs du sol. Les bactéries et les champignons utiles ont également presque disparu des terres cultivées. La terre ne peut plus nourrir les plantes semées sauf à ajouter des engrais de toutes sortes. Après le choc, il est peu probable que les engrais nécessaires soient transportés, d’autant plus que les mines de phosphate sont presque vides.

Le quatrième problème est la fin des énergies fossiles. L'agriculture est un gros consommateur de pétrole. Mais cette huile devient de plus en plus difficile à extraire. La consommation de pétrole et les quantités extraites diminuent régulièrement, bien que de manière faible mais constante depuis 2006. Nous devons donc pratiquer une agriculture qui n’utilisera plus de pétrole, d’engrais ou de tout produit toxique. Et personne ne pourra reporter la décision de cinq ans. Il serait souhaitable de s'y préparer.

Les énergies que nous pouvons avoir sont nécessairement renouvelables mais fragiles. Ce sont des forêts qui sont également soumises au changement climatique. Si les insectes et les oiseaux peuvent migrer plus au nord, les arbres et les herbes ont du mal à se déplacer.

Nous voyons que vivre un écosystème équilibré ne sera pas facile. C'est le problème auquel les membres devront faire face.

Cependant, le travail de jardinage sera beaucoup plus facile que dans le jardinage traditionnel ou maraîcher. La production de légumes beaucoup plus abondante que dans d'autres techniques. Nous pensons avoir développé une architecture qui fonctionne, comme dans le bec HELLOIN par exemple, mais dans de nombreux autres endroits, qui organise des cycles de vie, qui rétablit et maintient l'équilibre entre l'homme, les animaux et la nature.

 

 

La première période de cette construction, avant le choc, amènera progressivement une communauté soudée. Bien sûr, nous trouverons toujours des comportements incompatibles avec, par exemple, les règles de la permaculture. Mais le rôle de chaque membre de la communauté sera de corriger ces déviations avec bienveillance et fermeté.

Le plan de construction d'une ferme sera communiqué aux "activateurs" qui seront chargés de l'attribution des tâches. Nous voyons que la construction doit permettre la création de moyens de vivre, mais sa plus grande action sera de changer les mentalités. La nouvelle société verra les différences entre hommes réduites à leur plus simple expression. L'argent n'existe plus, bien que de nombreuses tentatives soient faites pour créer ce véhicule doté de la volonté de certains hommes. J'espère que cela sera voué à l'échec